Notre salon Arletty: dès le début des années 1930, Arletty est devenue une figure érotique, ce dont témoigne ce portrait de Moïse Kisling, datant de 1933. Crédits : © Moïse Kisling / ADAGP, Paris 2012 / Photo © Studio Monique Bernaz, Genève.
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mercredi 6 février 2013

Il neige.


Copyright: Marion Lamy

En tout cas, il neige et c'est un doux silence qui apaise la campagne.
…
Je vais plusieurs fois par jour dans la maison grange, je monte par une échelle, passe entre deux solives et hop, me voilà dans l'espace qui prend forme petit à petit.
Je m'y sens bien, très bien même, les matériaux employés apportent de la douceur, il y fait très clair.
Tu y viendras, j'en suis sûre.
En ce moment ont lieu les cérémonies de purification au temple, avant la nouvelle année qui commence le 11 février.
Je vais m'y rendre, cela va nettoyer les négativités de l'année.
Il me semble qu'en ce moment je touche l'épaisseur de la tendresse, je m'y installe pour habiter le mot, le faire renaître en majesté.
C'est dans ce mot que je t'écris,
M.L.


lundi 31 décembre 2012

Dernier billet d’humeur sans dédicace.

L'étang près du monastère
Copyright: Marion Lamy

Ainsi lorsque nous mourrons, parce que trop pudibonds, personne ne devra connaitre nos derniers instants de caresses quand nos mains se frôlaient pour le plaisir; pour un ultime adieu.
Alors lorsque nous mourrons personne en dehors de moi orphelin de vous ne devra connaitre la couleur de nos larmes, ce goût âpre, amer et si particulier (comme une pierre que l’on lèche) de la vie qui sen va.
Alors lorsque je ; ou vous mourrez, nous ferons publier sur des machines à retranscrire la dernière banalité. Notre dernier mensonge auquel plus personne ne croira.
« Ils sont morts suite à une longue maladie ».
Ces gens là, qui sont morts manquaient sans doute d’élégance pour terminer si proprement leur vie. Aucune souillure, rien ; un passage dans leur siècle à ne rien dire à ne rien faire qui puisse attirer notre attention.
Puis, je ou vous fermerez violemment la porte de la chambre où il mourra ; oui c’est ça encore plus fort !
Puis mon âme et vous-même,  irez vomir au coin de la rue notre mensonge sur notre maladie ou notre misère, celle des autres ; l’affreuse misère des autres!
Des sans abris.
Pour ne pas avoir dit La couleur de vos yeux, le touché de votre peau ; ce dernier baiser sur nos bouches et l’odeur des draps où la mort se couche je noircirai le monde de dédain. Orphelin de vous ou de lui, comme un gueux je pisserai devant chacun un ruisseau nauséabond d’indifférences.
Et je m’épuiserai enfin à crier follement avec tendresse vos  prénoms.
A crier au monde
Ne fermez plus les portes des chambres des mal-aimés.
Quelques soient leur odeur.

samedi 10 novembre 2012

A Marion chambre N° 76


La dame du lac

Elle esquisse le jour
En y épouvantant
Des chimères.

Ses bras ardents
Griffent mon souvenir
De feux mémoriaux

Et sous sa robe d’écume
S’enfle d’un désir sombre

Mon désir.