Inauguré en juin 1903, cet hôtel de 359 chambres (dont dix neuf sont offertes aux indigents) plus une suite "Françoise Sagan" fut revisité par les architectes en 1920 dans un style « Art déco ». Il est situé au cœur même de la ville dans un cadre reposant et magnifique bordé de jardins.
Notre salon Arletty: dès le début des années 1930, Arletty est devenue une figure érotique, ce dont témoigne ce portrait de Moïse Kisling, datant de 1933. Crédits : © Moïse Kisling / ADAGP, Paris 2012 / Photo © Studio Monique Bernaz, Genève.
samedi 29 juin 2013
"Paris has got guns and girls"
lundi 24 juin 2013
Au salon Arletty:
…
Là, fourmillaient, s’agitaient et papillonnaient les plus
jolies femmes de Paris, les plus riches, les mieux titrées, éclatantes,
pompeuses, éblouissantes de diamants ! Des fleurs sur la tête, sur le
sein, dans les cheveux, semées sur les robes, ou en guirlandes à leurs pieds.
C’était de légers frémissements de joie, des pas voluptueux
qui faisaient rouler les dentelles, les blondes*, la mousseline autour de leurs
flancs délicats. Quelques regards trop vifs perçaient ça et là, éclipsaient les
lumières, le feu des diamants et animaient encore des cœurs trop ardents.
On surprenait aussi des airs de tête significatifs pour les
amants, et des attitudes négatives pour les maris. Les éclats de voix des
joueurs, à chaque coup imprévu, le retentissement de l’or se mêlaient à la
musique, au murmure des conversations ;
pour achever d’étourdir cette foule enivrée par tout ce que le monde
peut offrir de séductions, une vapeur de parfums et l’ivresse générale
agissaient sur les imaginations affolées.
* Dentelles de soie. Courant d’air.
Extrait de « Sarrasine »
De Balzac
Editions Libretti
Coût 1,50€
vendredi 21 juin 2013
Carmen Linares
La vingt-troisième édition du Festival flamenco de Nîmes a
apporté une nouvelle preuve que le Sud de la France, et Nîmes en particulier,
sont regardés comme des territoires flamencos, non seulement par les Gitans et
les enfants de l’immigration espagnole qui y vivent, mais aussi par les plus
grands artistes andalous qui adorent s’y produire. Ceux-ci se montrent très
sensibles à l’afición qu’ils y sentent. Cette année, la plupart des spectacles
ont proposé différentes synthèses de ce qui fait aujourd’hui l’extraordinaire
richesse de l’arte flamenco.
C’est à la fin du XVIIIème siècle que remonte l’apparition
des premiers cantaores. Dépourvue d’accompagnement musical, leur plainte est
nue, sauvage, c’est un cri déchirant, l’expression d’un trop-plein de
souffrance, écho des siècles de silence et d’oppression. Toute l’esthétique flamenca
est née de ce cri primordial. Aujourd’hui encore, la plupart des cantes
débutent par un « ay » douloureux. Au cours du XIXème siècle, un ensemble va
peu à peu se constituer, qui regroupera différents palos, (« genres » ou «
formes ») définis par un rythme, une harmonie et une humeur spécifiques. Les
plus anciens de ces chants, tonás, martinetes, soleares et siguiriyas,
constituent ce que l’on appelle le cante jondo (« chant profond »).
L’accompagnement à la guitare y est encore rare, souvent réduit à quelques
accords. Mais avec la professionnalisation du flamenco, des groupes se forment
pour proposer des spectacles plus complets, englobant les trois principales
disciplines du flamenco, le chant, la danse et la guitare. Le répertoire
s’étend alors.
Depuis les années 70, il s’est en outre ouvert à toutes les
modernités musicales et chorégraphiques. Pop, jazz, contemporain, oriental,
aucun registre ne lui résiste, sa dynamique propre lui permettant toujours de
rester un et multiple à la fois.
mercredi 19 juin 2013
Ce qui compte ?
Ce qui compte ? voler, voir la terre de très haut,
parler aux cigognes, devenir ouragan ou fouet, flèche, éclair, n’être plus qu’une
action continue, fluide, instantanée,
qui ignore ce que veut dire hésiter, trembler, échouer – et même vouloir.
Roger-Pol Droit : Les Héros de la sagesse aux éditions
Flammarion.
Coût 9€.
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