Notre salon Arletty: dès le début des années 1930, Arletty est devenue une figure érotique, ce dont témoigne ce portrait de Moïse Kisling, datant de 1933. Crédits : © Moïse Kisling / ADAGP, Paris 2012 / Photo © Studio Monique Bernaz, Genève.

samedi 9 mars 2013

Vincennes : un sans domicile fixe retrouvé mort sur le quai du métro

Vincent Vérier | Publié le 03.03.2013, 10h24 | Mise à jour : 11h10
Un homme d’une cinquantaine d’années, sans domicile fixe, a été retrouvé mort, samedi soir, sur le quai de la ligne 1 du métro, à Vincennes (Val-de-Marne). Ce sont des agents de la RATP qui ont donné l’alerte vers 22 h 30.
«A l’arrivée des secours, l’homme était en arrêt cardio-respiratoire, précise une source policière.
Il n’a pas pu être ranimé». Si pour le moment, l’hypothèse d’une mort naturelle est privilégiée, une autopsie doit être réalisée pour déterminer les causes du décès.


mardi 5 mars 2013

Suite Françoise Sagan


PERSONNAGES
RANIEVSKAÏA LIOUBOV ANDRÉÏEVNA, propriétaire.
ANIA, sa fille, dix-sept ans.
VARIA, sa fille adoptive, vingt-quatre ans.
GAÏEV LÉONID ANDRÉÏEVITCH, frère de Mme Ranievskaïa.
LOPAKHINE ERMOLAÏ ALEKSÉÏEVITCH, marchand.
SIMEONOV-PICHTCHIK BORIS BORISSOVITCH, propriétaire.
FIRS, valet de chambre, quatre-vingt-sept ans.


Lopâkhine :
Tenez, Lioubov Andréiévna, votre frère Léonide Andréitch dit que je suis un manant, un accaparateur ; mais ça m’est entièrement égal. Je voudrais seulement que vous eussiez confiance en moi comme autrefois, que vos yeux extraordinaires, émouvants, me regardassent comme jadis.    Dieu miséricordieux ! Mon père était serf de votre grand-père et de votre père ; mais vous avez tant fait pour moi que j’ai oublié tout cela ; je vous aime comme quelqu’un de proche, plus que proche…
Mme Raniévski :
Je ne puis tenir en place. (Elle se lève et marche avec agitation.) Je ne pourrai survivre au bonheur d’être de retour. Moquez vous de moi ; je suis folle… : cette chère petite armoire ! (elle l’embrasse.) Cette chère petite table !...
Gâiév :
En ton absence, Lioûba, notre vieille bonne est morte.
             Mme Raniévski, s’assied et boit son café.
Dieu ait son âme! On me l’a écrit.
Gâiév :
Anastase, lui aussi, est mort. Petrouchka, le bigle, ma quitté. Il est maintenant en ville chez le commissaire
(Il tire de sa poche une boite de caramels et en prend un.)
Pîchtchik :
Ma fille Dâchenka m’a chargé de vous saluer…
Lopâkhine :
Je voudrais vous dire quelque chose de très agréable,  de réconfortant… (Il regarde sa montre.) Il faut partir, je n’ai pas le temps de beaucoup parler… enfin, en deux ou trois mots… vous savez que votre cerisaie va se vendre le 22 aout ;  c’est la date fixée. Mais ne vous inquiétez pas, chère madame ; dormez tranquille ; l’affaire n’est pas sans issue… j’ai un projet ; écoutez moi. Votre propriété n’est qu’a vingt verstes de la ville ; le chemin de fer la traverse maintenant et, si on lotit votre cerisaie et la terre qui longe la rivière pour y construire des villas, vous n’en tirerez pas moins de 25 000 roubles par an.

Anton Tchékhov
La Cerisaie. (Extrait)

vendredi 1 mars 2013

En réponse à une lettre d'amour.



Nora Amezeder chante: "Enterrée sous un bal".
*
Y'en a qui rêvent du Père Lachaise,
Avec un marbre des lettres d'or
Et pour faire bien dans le décor
Deux anges qui se disent des fadaises.

Moi si je cane avant mon homme,
Par un microbe qui n'a pas de nom
Ou écrasée par un camion
Je veux pas du ciel comme royaume,
Je veux pas du ciel comme royaume

Je veux que les gars de la funèbre
Glissent mon sapin tout doucement
Sous le parquet encore vibrant
D'une série de tangos superbes

Je veux entendre sur ma tête
Milles escarpins milles souliers
Tourner soirée et matinée
Tourner soirée et matinée

Moi si je cane avant mon homme
Par un microbe qui n'a pas de nom
Ou écrasée par un camion
Je veux pas du ciel comme royaume,
Je veux pas du ciel comme royaume

Je veux qu'on me dépose en douce
Sous un bal de mesesani
Et de la sciure en quelques poignées
Fera les étoiles de la grande ours

En dessous je saurai que l'orchestre turbine
A faire de la romance
Pour que l'amour soit en cadence
La mort n'aura pas d'importance

Moi si je cane avant mon homme
Par un microbe qui n'a pas de nom
Ou écrasée par un camion
Je veux pas du ciel comme royaume,
Je veux pas du ciel comme royaume

Paroles et musique:
Frank Thomas et de Reinhardt Wagner.


L'impossible dialogue.

Atelier d'art brut "La Cerisaie"
(APJAH)
95100 Argenteuil.

(Acrylique sur verre)