Inauguré en juin 1903, cet hôtel de 359 chambres (dont dix neuf sont offertes aux indigents) plus une suite "Françoise Sagan" fut revisité par les architectes en 1920 dans un style « Art déco ». Il est situé au cœur même de la ville dans un cadre reposant et magnifique bordé de jardins.
![](https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjU-8sng0ZX5nU-ML23uNtH-T60BBwRwKlWodFPJlGOcvBZq9SRC3Ud5foWWQZe33XbmHFTqxwn4kRce2QaNQm0MOv5mtQWlrKLOvp8DGDG0ZDAX5317tcoXigvK4peZBHSQjdhNWrv1yM/s1600/Arletty.jpg)
Notre salon Arletty: dès le début des années 1930, Arletty est devenue une figure érotique, ce dont témoigne ce portrait de Moïse Kisling, datant de 1933. Crédits : © Moïse Kisling / ADAGP, Paris 2012 / Photo © Studio Monique Bernaz, Genève.
mardi 30 décembre 2014
Genèse pétrifiée (extrait)
…
Combien de secondes pour naître
combien de minutes pour mourir
combien d’heures n’avons-nous fait que paraître
combien de jours n’avons-nous fait que souffrir
combien de mois pour nous connaître
combien d’années avons-nous aimé
combien de vies sommes-nous nés
Dans l’écorchure des nuits
Jack Küpfer
14 euros
Diffusion harmonia
mundi
lundi 29 décembre 2014
Dans l’écorchure des nuits (extrait) Jack Küpfer
Toi qui fait de ton cœur
un rempart aux misères de ce monde
oui toi
j’espère un jour te serrer la main
samedi 27 décembre 2014
lundi 24 novembre 2014
Lélia Cano Rossini
Ce 19 novembre 1914,
notre très chère amie Lélia Cano Rossini nous a quittés centenaire. Elle
fut Doctoresse et une grande voyageuse.
Diplômée en biochimie, Université de Buenos Aires. Diplômée en histoire
et géographie, Universidad nacional de Cuyo, Mendoza, Argentine. Elle Ecrivit
aussi des poèmes et des contes.
Lire :
La mujer mendocina de 1800. Una
revolución cultural en marcha
Referencia: uni_69_10761
Mendoza. Argentina 1996 EdicionesCulturales de Mendoza 368 p
Voici ci-dessous la rediffusion de
sa visite à Radio France International
Le 06 octobre 1996.
Correo de los oyentes RFI Madame Lelia Cano Rossini 06101996
samedi 13 septembre 2014
Au seuil jauni de l'automne
Bien Chère Maria, voila que je suis heureux de te lire.
Ton courrier me plait colorié qu’il est de poules, de brebis,
de Mirco chien ; le tout baignant dans le clapotement et l’odeur des confitures. Il ya ici comme la succulence
précieuse du rire et de la bonne entente.
La cuisine est profanée de centaines et de centaines de
bocaux éblouissants.
De lys bleus et orangés ; les reflets du soleil.
Dans le verre.
Enfin, concernant les pépinières tableaux,
Leur support est-il vierge
ou peint ?
Puis :
Il y a la nudité des labours,
De terres brunes
Dans des matins laiteux
Et ces secondes imaginées à chercher des dieux
Un dieu
Une présence,
Un compagnon.
Je sais des pierres
Au fond du grand jardin
Abandonnées par lui
Et qui chantent au matin
Soûles de rosées.
Moi, seul
En cet endroit là
Je frotte l’autre joue et mon cou
A leurs langues âpres et arides.
Tout mon être se ramasse ici,
Avec l’âme
Au seuil de l’automne
Jaunissant ;
Accumulant déjà des sanglots
De buis.
Enfin,
Frissonnant ;
Dans mes mains,
Et tout contre
Ma bouche
J’y ai reposé mon propre souffle
Et son odeur de pierres.
Je t’embrasse Maria,
Fort amicalement.
Prends soin de toi.
Manuel.dimanche 7 septembre 2014
mardi 2 septembre 2014
Je laissai la moitié de ma viande
... Je laissai la moitié de ma viande et m’employai à observer
mon interlocutrice. C’était une femme
fascinante. Elle avait des yeux
immenses, gris, en amande, d’un éclat aquatique, comme les clartés de la nuit.
En essayant de les décrire, tous les lieux communs littéraires me venaient à l’esprit.
Son expression était empreinte d’une puissante ironie qui semblait sourdre des régions
les plus profondes de la mémoire, ou de la lumière des étoiles ; peut-être
était-ce la preuve que ces deux choses ne font qu’une. Je n’avais jamais vu s’incarner
le pouvoir de l’intelligence et la beauté, la cruauté est garantie. Mais je n’étais pas pour autant disposé à me
laisser impressionner, et j’essayais de surpasser ma timidité par des pensées
sceptiques : « nous verrons
les conneries qu’elle dit quand elle ouvrira la bouche », ou bien « voici
des airs de femme habituée à fréquenter des hommes plus âgés qu’elle ».
Elle soutint mon regard, sans se départir de son sourire à
peine ébauché.
...
Phrixos le fou
Miquel de Palol
Aux éditions ZULMA
22,50€ Diffusion Seuil.
jeudi 19 juin 2014
lundi 16 juin 2014
Robert Ganzo (1898-1995)
"Robert Ganzo est né à Caracas, poète d’origine
vénézuélienne d’expression française. Adolescence à Bruxelles, puis
installation à Paris comme bouquiniste, et libraire. Engagé dans les combats de
la Résistance, fait prisonnier, il s’évade. Poète, il publie successivement Orénoque
(1937), Lespugue (1940), Rivière (1941), Domaine (1942), Langage (1947), Colère
(1951), Résurgences (1954), recueils réunis dans L’Œuvre poétique éditée chez
Gallimard en 1997. La poésie de Robert Ganzo, limpide, superbe, d’une grande
pureté formelle, a des allures de viatique tant elle se révèle intense et
douce, à la fois luxuriante et cristalline. Elle est tout entière d’évidence,
d’envoûtement, sans le moindre hermétisme, vouée à la célébration de la
présence humaine, de l’amour et du monde".
Extraits du poème Lespugue
L'oeuvre poétique
NRF Gallimard.
Poète, homme de théâtre, peintre et archéologue Robert Ganzo
avait entretenu un long commerce avec l’art pariétal, les armes de ce temps,
les rêves de ces premiers hommes, jusqu’à en être l’intime. Son poème puise sa
tension dans cette très ancienne imprégnation autant que dans la présence à ses
côtés de sa compagne et dédicataire en ces premiers mois de 1940» :
“(…) Le Jour. Regarde. Une colline
répand jusqu’à nous des oiseaux,
des arbres en fleurs et des eaux
dans l’herbe verte qui s’incline.
Toi, femme enfin -chair embrasée-
comme moi tendue, arc d’extase,
tu révèles soudain ta grâce
et tes mains soûles de rosée (…)
Tes yeux appris aux paysages
je les apprends en ce matin,
immuable à travers les âges
et sans doute à jamais atteint.
Déjà les mots faits de lumière
se préparent au fond de nous;
et je sépare tes genoux,
tremblant de tendresse première.
(…) Où finis-tu ? La terre oscille ;
et toi, dans le fracas de monts,
déjà tu renais des limons,
un serpent rouge à la cheville ;
femme, tout en essors et courbes
et tièdes aboutissements,
lumière, et nacre, ombres et tourbes
faites de quels enlisements?”
(…) Ton torse lentement se cambre
et ton destin s’est accompli.
Tu seras aux veilleuses d’ambre
de notre asile enseveli,
vivante après nos corps épars,
comme une présence enfermée,
quand nous aurons rendu nos parts
de brise, d’onde et de fumée”.
L'oeuvre poétique
NRF Gallimard.
Le prix Robert Ganzo de poésie
Le prix Robert Ganzo de poésie fut remis ce 8 juin 2014
toujours lors du festival du livre et du film
« Etonnants Voyageurs »
à Dominique Sampiero pour l’ensemble de don œuvre et son ouvrage
intitulé « La vie est chaude » paru en 2013 aux éditions Bruno Doucey.
Coût en librairie: 6,50€
Découvrir Dominique Sampiero
Dominique Sampiero Ce dimanche 8 juin 2014 (Hotel de l'Univers) Saint-Malo |
« Il faut quelqu’un pour regarder mourir. Deux présences
au bord du monde. Une fleur, un vase
Un regard pour celui qui part, un regard pour celui qui
veille. Ce don des larmes retenues, tissé dès le premier souffle entre la mère
et l’enfant, laisse fléchir le monde doucement dans sa sagesse. »
Dominique Sampiero.Découvrir Dominique Sampiero
Du sel entre les dent
Une pause
dans les chaussures, et les chaussures dans l’eau, et du sel entre les dents. Et
des jardins secrets qui ne sont plus les miens.
J’aime tant
les roseraies
Les lys, et
les jasmins d’Espagne
Au cœur des
hommes.
Le pourpre et
le noir
Et enfin tout
près de la pinière
Ce blanc
Tâché de sang
Un corps.
Bord de mer
mardi 20 mai 2014
Sortie d’hôpital
Mon beau ciel bleu c’est transformé en masses nuageuses que
le soleil ne perce pas.
Jean-Marc
Départ programmé entre 10h et 11h.
dimanche 27 avril 2014
1973...
Ils se disaient s’aimer
Pour leur douceur
Pour un visage,
Celui de l’autre
Qui n’est pas le nôtre.
Ils se disaient s’aimer
Pour le goût de leur bouche
De leur salive,
De leur sang.
Des paroles aimantes
Suintantes de douceurs
Accompagnaient
Craintives
Le murmure
Ruisselant
De leurs regards.
Puis,
Le visage de l’un se refermait
Au creux du cou de l’autre.
lundi 17 mars 2014
"Mademoiselle Kiki et les Montparnos" d'Amélie Harrault
Hommage au Paris des années 20, et à celle qui inspira de grands artistes.
CÉSAR DU MEILLEUR COURT-MÉTRAGE D’ANIMATION 2014.
"Kiki de Montparnasse" était la muse infatigable des grands peintres avant-gardistes du début du XXe siècle. Témoin incontestable d’un Montparnasse flamboyant, elle s’émancipera de son statut de simple modèle et deviendra reine de la nuit, peintre, dessinatrice de presse, écrivain et chanteuse de cabaret.
"Kiki de Montparnasse" était la muse infatigable des grands peintres avant-gardistes du début du XXe siècle. Témoin incontestable d’un Montparnasse flamboyant, elle s’émancipera de son statut de simple modèle et deviendra reine de la nuit, peintre, dessinatrice de presse, écrivain et chanteuse de cabaret.
D’après Épicure :
« La raison nous permet de découvrir que les dieux ne se préoccupent en rien des affaires humaines et que la mort, nous privant de toute sensation, ne nous concerne pas. Une fois ces deux obstacles écartés, les deux buts positifs à poursuivre sont l’absence de troubles et la vie parmi les amis. Tel est le “quadruple remède” qui, appliqué avec constance, transforme en sage tout homme ordinaire. »
Roger-Pol Droit : Les Héros de la sagesse aux éditions Flammarion.
Coût 9€.
mercredi 5 mars 2014
Avant on s’amusait tellement avec toi.
Joe:
Je tai dit tout ce que j’ai dit à personne d’autre. Avant on
s’amusait tellement avec toi. Fini tout ça
je dois te dire la vérité. Je l’ai toujours fait. Pas menti. Je t’ai
amené ici pour me débarrasser de toi.
Il faut que tu apprennes à rester tout seul. Tu ne peux pas. Tu ne
sauras jamais t’occuper de toi-même. Voila pourquoi tu ne peux pas me lâcher.
Tu as mon peigne. Il sort un peigne de la poche du pantin. Se peigne les cheveux. Range
le peigne dans sa propre poche. Je
vais devoir te tuer.
Il sort. Il revient
avec une brique.
Tu le sentiras pas. Salut. Il lâche la brique sur la tête du pantin. Ferme les yeux. Sois mort.
Il sort. Il revient
avec une brique. Il s’arrête, fait quelques pas au hasard.
Le moindre problème dans notre maison Maman me frappe. Sais pas pourquoi. Est-ce que je suis censé changer le
monde ? Il s’approche du pantin. Le
regarde. Saleté verte sur ton visage. Vient de la brique. Si j’avais une
torche il y aurait du sang là ou je marche entre toi et les briques.
Il lâche la brique sur
la tète du pantin. Il sort et revient
avec une brique. Il la lâche sur la tête du pantin.
Ça suffit. Te laisserai pas ici quand se sera fait. Ruisseau
là-derrière. Les gens des potagers y prenaient de l’eau pour les plantes. Crade.
Pleins de cageots et de caddies. Te
jetterai pas dans l’eau. Te coucherai
sur la rive. Hors de vue. Les chats et les chiens t’auront pas. Si tu te
changeais en fantôme tu entendrais le ruisseau couler quand il pleut. Pas de fantômes.
Rien qui existe comme ça.
Il ramasse le pantin. L’étreint à demi et, toujours à demi, joue à
le balancer de gauche à droite.
T’es presque mort. Encore une.
Il dépose le pantin.
Extrait de « Les enfants » et « Onze débardeurs »
Extrait de « Les enfants » et « Onze débardeurs »
D’Edward Bond
Collection Scène ouverte
Éditeur : L’Arche
mercredi 26 février 2014
mardi 25 février 2014
...
« Et le Barde se tut. Et, sur la hauteur noire,
L’Esprit du vent poussa comme un cri de victoire ;
Et la foule agitant les haches, les penn-baz*
Et les glaives, ainsi qu’à l’heure des combats,
Ivre du souvenir et toute hérissée,
Salua les splendeurs de sa gloire passée.
Et les Dieux se levaient, tordant du fond des cieux
Leurs bras géants, avec des flammes dans les yeux,
De leurs cheveux épars balayant les nuages ? »
(Le massacre de Mona, p.124).
Charles Baudelaire
* Gourdin
lundi 24 février 2014
Poèmes dans le sang.
« Quiconque boit au calice des prouesses épiques
Sent résonner en lui l’antique mélopée
Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques
Qui érigent en héros l’acier des épopées »
Herman Melville
(Par Matthieu Roger)
« Or, voici que j’ai vu le monde, comme un pré
Immense, qui grouillait sous ce soleil pourpré,
Plein d’hommes portant heaume et cotte d’acier, lance,
Masse d’armes et glaive, engins de violence
Avec loques d’orgueil, bannières et pennons
Où le Diable inscrivait leur lignée et leurs noms. » (p.
338).
POÈMES BARBARES, de Leconte de Lisle
Éditions Slatkine, 1981 (réimpression de l’édition de Paris
de 1928)
vendredi 21 février 2014
mercredi 19 février 2014
samedi 15 février 2014
Le doigt tendu vers une étoile
A Rabah
Le doigt tendu vers une étoile
L’autre main repose sur ton flanc
Je ressens comme le vent
La palpitation de ta chair.
Par un vœu
Mon regard
Plein
De comètes
Argentées
Se penche
Attendri
Sur ton visage.
J’écarte doucement
La mémoire
De ceux qui dans la nuit
Bergers,
Pourraient
Nous reconnaitre.
Je ne veux pas
Que ce signe
Entre nous
Soit connu de tous.
Un grand calme envahi
Le cours de l’eau.
Nous sommes presque nus
Abandonnés l’un à l’autre
Transportés
Vers quelles rives ?
Pourrions-nous
Par tendresse
Renoncer
À l’instant
Aux choses de ce monde ?
Le regard converti
À tant de compassions ?
Tout à coup le jour
Et dans ce nouveau jour
L’aurore
Comme un feu
A nos âmes dévêtues.
vendredi 14 février 2014
Héro et Léandre
Héro et Léandre (en grec ancien Ήρώ καὶ Λέανδρος / Hêrố kaì
Léandros) sont un couple d'amoureux de la mythologie grecque.
Héro est prêtresse d'Aphrodite à Sestos (sur la rive
européenne de l'Hellespont), tandis que Léandre habite à Abydos, sur la rive
asiatique. Toutes les nuits, Léandre traverse le détroit à la nage guidé par
une lampe qu'Héro allume en haut de la tour où elle vit. Mais lors d'un orage,
la lampe s'éteint et Léandre s'égare dans les ténèbres. Lorsque la mer rejette
son corps le lendemain, Héro se suicide en se jetant du haut de sa tour.
« Le calme enfin renaît, ramené par l’aurore ;
Héro n’aperçoit pas cet amant qu’elle adore ;
Elle parcourt des yeux le vaste dos des mers,
Et roule dans son cœur mille soupçons divers.
Peut-être qu’égaré dans sa course inutile,
De l’abri d’un rocher il s’est fait un asile ?
Peut-être encore… ? Ô ciel ! Sanglant, défiguré,
Aux pieds de sa prison, par les rocs déchirés,
Elle voit… Quel aspect ! De douleur transportée,
Aussitôt de la tour Héro, précipitée,
Sur le corps d’un amant rend le dernier soupir,
Et même le trépas ne peut les désunir. »
mardi 11 février 2014
Un, deux, trois, je t’aime.
Sur les affiches, au
milieu d’images en désordre représentant divers objets tels que bouteilles,
chevelures, canards, locomotives, etc., on lit ces mots tracés en tous sens, à
la main :
- prenez la scène du bon côté !
-buvez mes paroles !
- affaiblis, reprenez des forces !
Vivez si m’en croyez !
On peut également
prendre ça et là des pancartes bleues sur lesquelles sont écrits en blanc des
noms de stations de métro ou des directions imaginaires ; exemple :
- direction Clichy-Vincennes :
Changer à Marbeuf-Saupiquet…
- Sèvre-Palmyre
Bonaparte-Dupanloup
-Wagram-Trafalgar
- Saint-Michel-Voltaire
- Panthéon-Dufayel
Etc., etc.
Quai d’une station de
métro
Arrivent lui et elle.
Ils se tiennent par la main, et avancent presque en dansant. Ils vont et
viennent une ou deux fois ainsi, puis disparaissent en souriant
Lui, sur un rythme de
valse.
Un, deux, trois, amour.
Elle, même jeu.
Un, deux, trois, séjour.
Lui
Un, deux, trois, Adour.
Elle
Un, deux, trois toujours.
Lui
Un, deux, trois, ficelle.
Elle
Un, deux, trois, plaisir.
Lui
Un, deux, trois, nacelle.
Elle
Un, deux, trois, partir.
Lui
Un, deux, trois, je t’aime.
Elle
Un, deux, trois, balance.
Lui
Un, deux, trois, quand même.
Elle
Quatre, cinq, six, constance.
Lui
Un, deux, trois, rivière.
Elle
Un, deux, trois, content.
Lui
Trois, cinq, sept, mystère.
Elle
Un, deux, trois, longtemps.
Lui
Un, deux, t rois, amour.
Elle
Un, deux, trois, toujours.
Lui
Un, deux, trois, toujours.
Ils s’en vont.
Théâtre FOLIO Junior
« Les amants du métro »
De Jean Tardieu
Coût 5€
mercredi 5 février 2014
La poule caquette le cacatoès est un ex ministre du culte et le cactus pique.
Ah !
Cactus, je vous retrouve, je vous salue. Nous nous sommes croisés dans le
labyrinthique dédale de rues de Wizzz en ville de Télérama.
Je ne sais
plus trop pourquoi, mais vous m’avez trouvé affable quoique à l’étroit dans ma
veste brune en velours côtelé d’homme taciturne et étriqué.
En cette fin
d’après-midi, je cherche un bocal pour un poisson rouge encore frétillant mais
déjà agonisant par le sang d’une encre impure injectée dans son col par ce
petit bêta d’âne qu’est mon fils T.
« Expérimentons,
expérimentons » me souffle t’il tous les soirs vers cette heure ci. (Dix
sept heures), se clochetant d’un pied sur l’autre avec une terrible envie de
faire pipi.
Mais vous à
cette heure-ci, me disiez vous (voire même auparavant) qui "matiez" vous
avec une telle concupiscence par le bout d’une lorgnette ?
Joe, Joe
c’est plaisant à dire sempiternellement en ânonnant telle une berceuse.
Joe, vous photographiez
où ; qui ou quoi, dans quel sens au Juste ?
De long en
large ou de bas en haut ?...
Quelle est
la photographie tirée de votre album qui vous représenterait le mieux ?
L’avez-vous
sur vous ? Dans votre poche à contre cœur. Offrez la moi, je la publierai
de « L’autre coté du miroir » mon autre blog :
… Vous
possédez des dindons ? … Moi des rats, mille millions de rats plus
les quinze autres nés ce matin dont un dans le repli de mon paletot mité.
Joe Cactus,
je perds mon « self contrôl » plus fou que jamais, je fais la toupie,
comme un épouvantail désespéré dans un
monde trop vaste pour moi.
De façon
extravagante, j’aime le vent, les arbres nus en hiver,
Les cochons
d’Inde suspendus hébétés dans leur cage cirque d’après Noel.
J’aime même
les Rats, querelleurs, trempés dans de la gouache, les noirs, les jaunes, les
bleus dépassants l’outremer des profondeurs océanes.
…
…
J’aime ainsi
soit-il.
Cactus Joe
vous êtes vous déjà baigné nu dans l’encrier bleu du
pacifique ?
Moi oui Joe,
j’avais vingt cinq ans.
En plein
milieu de la mer de Chine entre Sandakan et les îles Philippines.
Nous
naviguions (un journaliste boulimique de guerre, une cover-girl et moi) sur dès
milliers de cartouches de cigarettes de contrebande, sanglées au fond et bien au-delà
du seuil limite de contenance dans un « pan-boat » sorte de pirogue à
balancier.
Nommé
« pan-boat » à cause du bruit de l’hélice du moteur qui
faisait :
Pan, pan, pan, etc.
Et recommençait.
Cactus êtes
vous souffrant vous aussi ?
…
Sissi est morte, vous le saviez n’est
ce pas ?
Partons
louer le film de sa vie
Pauvre
Sissi.
…
Mais dites-moi
épineux végétal, qu’est ce qui fait Clic ! Joe, clic dans votre imperméable ?
Est-ce votre ceinture défaite ou une arme à feu portative ? Ou bien un
couteau à cran d’arrêt dont l’ouverture produit un petit bruit
« shlass » et un clic final celui d’avant sa morsure, d’avant
l’extinction du feu intérieur.
Ne me faites
pas peur Cactus !! J’ai peut être déjà quelques amis ici qui pourraient
vous piquer à vif si je criais.
Violence ! Paul violence…
Mais calmons
nous, et dites moi autre chose Joe. Qui est la belle @…
Anabella ?
…
(Jardinière ?)
Vous aussi
vous voulez être Roi ? …
Votre
écharpe bleue vous sied si bien.
Quant à moi
fatigué ce soir, déformé, je m’en vais rejoindre mon L.
Sous l’aile
de l’archange Gabriel
Bonne nuit Joe de Cactaceae.
jeudi 30 janvier 2014
“Afectos“de Rocío Molina et Rosario La Tremendita au festival de Flamenco de Nîmes
Forte de sa résidence au festival de Flamenco de Nîmes, la première organisée par la manifestation, Rocío Molina a conçu "Afectos". Ce spectacle questionne les sentiments et l'existence à travers un jeu de silences, d'éclats de voix et de chocs du corps. Simplement soutenue par la voix de Rosario La Tremendita et la contrebasse de Pablo Martin, la danseuse sillonne les thématiques du désir, de la souffrance, de la (non) communication entre les individus et de l'imperfection.
mardi 28 janvier 2014
"Je m’écoute et voici : ma bouche à votre voix !"
Vous aimer c’est fêter votre image en l’absence
Au point de vous toucher du doigt,
C’est donner corps à votre essence.
Je m’écoute et voici : ma bouche à votre voix !
Ce matin tu boudais, tu brûlais à l’avance le livre que mon
cœur composait contre toi,
Tu fuyais, me privant de ta saine démence,
Et déjà tu reviens relever notre croix !
Pareille espièglerie est faite de bois grave.
Notre jeu s’en nourrit. Si c’est une oie qu’on gave
C’est que la lune est proche ou nous devons tuer.
C’est aussi que le rite illumine les tiges.
Tu ris, tu me reprends à deux pas du vertige.
Vous aimer est-ce donc à ce point ruser ?
Extrait des « leçons d’Edgard »
Œuvres poétique
Chez ACTES SUD
(830 pages 30€)
Et si jamais ma pauvre
âme amoureuse
Ne doit avoir de bien
en vérité,
Faites au moins
qu’elle en ait en mensonge.
lundi 27 janvier 2014
"Si quelque chose reste obscur en cette belle page, vous le trouverez éclairci sur la marge de ses yeux".
Lady Capulet.
Eh bien, songez au mariage, dès à présent ; de plus
jeunes que vous, dames fort estimées, ici à Vérone même, sont déjà devenues mères ;
si je ne me trompe, j’étais mère moi-même avant l’âge où vous êtes fille encore.
En deux mots, voici : le vaillant Pâris vous recherche pour sa fiancée.
La Nourrice.
Voilà un homme ma jeune dame ! Un homme comme le monde
entier… Quoi !c’est un homme en cire !
Lady Capulet.
Le parterre de Vérone n’offre pas une fleur pareille
La Nourrice.
Oui, ma foi, il est la fleur du pays, la fleur par
excellence
Lady capulet.
Qu’en dites-vous ? Pourrez-vous aimer ce
gentilhomme ? Ce soir vous le verrez à notre fête ; lisez alors sur
le visage du jeune Pâris, et observez toutes les grâces qu’y a tracées la plume
de la beauté ; examinez ces traits si bien mariés, et voyez quel charme
chacun prête à l’autre ; si quelque chose reste obscur en cette belle
page, vous le trouverez éclairci sur la marge de ses yeux. Ce précieux livre
d’amour, cet amant jusqu’ici détaché, pour être parfait, n’à besoin que d’être
relié !... Le poisson brille sous la vague, et c’est la splendeur suprême
pour le beau extérieur de receler le beau intérieur ; aux yeux de
beaucoup, il n’en est que plus magnifique, le livre qui d’un fermoir d’or étreint
la légende d’or ! Ainsi, en l’épousant, vous aurez part à tout ce qu’il
possède, sans que vous-même soyez en rien diminuée.
La Nourrice.
Elle, diminuer ! Elle grossira, bien plutôt. Les femmes
s’arrondissent auprès des hommes !
Lady capulet, à Juliette.-
bref, dites-moi si vous répondrez à l’amour de Pâris.
Juliette.
Je verrai à l’aimer, s’il suffit de voir pour aimer :
mais mon attention à son regard ne dépassera pas la portée que lui donneront
vos encouragements.
Entre un valet.
Le Valet.
Madame, les invités sont venus, le souper est servi ;
on vous appelle ; on demande mademoiselle ; on maudit la nourrice à
l’office ; et tout est terminé. Il faut que je m’en aille pour
servir ; je vous en conjure, venez vite.
Lady Capulet.
Nous te suivons. Juliette, le comte nous attend.
La Nourrice.
Va, fillette, va ajouter d’heureuses nuits à tes heureux
jours. (Tous sortent)
Shakespeare
Roméo et Juliette
Editions Librio 2e
Shakespeare
Roméo et Juliette
Editions Librio 2e
jeudi 16 janvier 2014
Gare Saint-Lazare, vendredi 17 janvier à 15h.
A Rabah
Ils se sont donné rendez-vous au plus lointain du quai voie
10, là où les trains arrivent sous la pluie et repartent déjà sous des larmes
Ils se sont donné rendez-vous auprès d’une foule anonyme
Aux nombreux secrets.
Certains en un milieu du quai, à la hauteur d’une voiture se
fabriquent des serments alors que d’autres les démêlent pour les reformer vite fait pressés, agacés,
de mauvaise humeur, de mauvaise façon et comme d’habitude pressés par une
amante accablée.
…
Eux, ne se sont jamais vus ou alors ils se sont aperçus sur
la « toile », on sait peu de choses sur eux, ils savent peu de chose
l’un de l’autre ; mais,
Ils se sont dit leur désir de se rencontrer, de s’essayer,
de risquer; de se mélanger peut-être pour de ne plus avoir l’impression d’être
seuls.
Sur la « toile » ils se sont appréciés, vu leur
visage, croyant déjà se connaitre un peu.
Ils ont posé des mots ; comme l’on joue parfois du
piano très doucement
Mais sans aucune musique, ou alors celle de leur âme avec en
sourdine le signal d’un récépissé plein de promesse sur leur site de rencontre
Des mots courts télégraphiques piquants ; des messages émus,
troublés. Des incantations d’une douceur inouïe. Pourtant ils ne se connaissent
pas encore
Ils ont froids ils sont inquiets de cette rencontre proposée
A venir
Il est nous-même, cet étranger, ce rêve comme un fardeau que
nous portons depuis l’adolescence
Nous l’avons fait dans notre ventre à quelques centimètres au
dessous du nombril.
Jeunes nous le portions déjà et souvent clandestinement
Sans oser en parler, ou le lui dire
Pour nous contenter, nous le tenions parfois fortement dans notre poing serré.
Nos regards sur nous-mêmes et sur les jeunes gens de notre âge n’étaient que désirs
et volupté.
Nous étions en tout point quoique très jeunes emplis de
compassion
Déjà pour nous-mêmes, pour eux
Nous souhaitions ces
relations dérobées imaginées, clandestines.
Nous avons mûri, l’un dépasse aujourd’hui la cinquantaine,
l’autre la trentaine, plus agile, plus gracieux et sans aucun doute plus beau
Le train arrive en gare, l’un d’entre nous est sur le quai,
il attend l’autre comme un frère jamais connu
L’un est pris de doutes
Quant au cœur de l’autre, il bat très fort, trop fort.
Envie de descendre du train, de te rencontrer, de te voir,
de te prendre la main, d’avoir le courage de te dire non, ou alors de te
regarder dans les yeux, en pressant ta main très fort pour te dire :
viens ! Quittons ce lieu baroque, allons à l’hôtel.
Gare Saint Lazare 19h15
Gare Saint Lazare 19h15
Le jeune homme fut pour moi tout en jasmin et roses
d’un ivoire éclaboussé de carmin
mardi 14 janvier 2014
Le retour de la famille Raniévski au « Grand hôtel » suite Françoise Sagan.
Mme raniévski :
Abattre la cerisaie ! Pardon, mon cher, vous n’y
entendez rien ! S’il y a dans toute la province quelque chose d’intéressant,
de remarquable, c’est notre cerisaie
Lopâkhine :
Il n’y a de remarquable dans votre cerisaie que son
étendue ; il n’y a de cerises que tous les deux ans et alors même on ne
sait qu’en faire ; personne ne veut les acheter
Gâiév :
Même dans le dictionnaire
encyclopédique, il est parlé de cette cerisaie !
Lopâkhine, consultant
sa montre
Si nous ne trouvons rien, si nous ne nous arrêtons à rien,
la cerisaie, et tout le bien, seront vendus aux enchères ; décidez
donc ! il n’y a pas d’autre issue, je vous le jure. Aucune !
Firss :
Autrefois, il y a quarante ou cinquante ans, on faisait
sécher les cerises ; on les conservait dans l’eau, dans le vinaigre ;
on en faisait des confitures ; il arrivait…
Gâiév :
Tais-toi, Firss
Firss :
Il arrivait qu’on en envoyait à Moscou et à khârkov des charrettes
entières de cerises sèches. Ca faisait de l’argent. Et les cerises alors
étaient douces, juteuses, parfumées ; on savait la manière de les préparer.
Mme Raniévski :
Et qui en a la recette aujourd’hui ?
Firss :
On l’a oubliée ; personne ne la sait plus.
Anton Tchékhov
Anton Tchékhov
La Cerisaie. (Extrait)
vendredi 10 janvier 2014
le Bonze-tatoué sème le garbouil au village des Fleurs-de-pêcher.
Le Petit-potentat,
ivre, trouve la surprise derrière la courtine dorée.- le Bonze-tatoué sème le
garbouil au village des Fleurs-de-pêcher.
Devant forêt,
t’élèveras.
Devant mont,
t’enrichiras.
Devant des eaux, t’en
iras.
Devant fleuve,
t’arrêteras.
"Au bord de l'eau" Volume 1 traduit du chinois,
présenté et annoté par Jacques Dars
Editions Folio 1142 pages.
Shi Nai-an (1296 ? - 1370 ?)
samedi 4 janvier 2014
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